Plus de 60ans de passion pour créer un herbier d’exception sur la flore bretonne : le Frère Gabriel Rivière en a fait don le lundi 7 septembre dernier an Conservatoire national botanique de Brest.
« On vous appelle parfois le pape de la botanique du Morbihan ». SyIvie Magnanon, directrice scientifique du pôle Bretagne et Pays de la Loire du Conservatoire national botanique de Brest, salue ainsi, entre autres éloges « Gaby » comme l’appellent (également) des membres de l’institution, le Frère Gabriel Rivière.
Une collection sexagénaire
Lundi 7 septembre, il a signé avec la présidente du Conservatoire, Emmanuelle Tournier, la convention officialisant le don de son exceptionnel herbier, contre l’engagement de sa bonne conservation mais aussi sa diffusion auprès du grand public. II a été constitué entre 1962 et 2025. « Plus de 60 ans identifier, collecter 2485 planches classées avec une « très grande méthode », précise l’élue qui invite à imaginer les heures de travail, de passion qu’il a fallu pour répertorier cette diversité végétale et son évolution ».
« Je suis très honoré de voir que mon herbier sera très bien considéré », réagit l’ancien enseignant et comptable, de 84 ans. « Vu l’âge que j’ai, c’est une partie de moi-
même qui s‘en va vers l’éternité I », sourit il. « Je n’étais pas passionné par le football, par exemple. Je préférais, le week-end, regarder les plantes. J’ai dû tomber dedans quand j’étais petit ». II raconte l’influence de ses parents agriculteurs, les encouragements de la congrégation des Frères de Ploërmel. II y a 37 ans, il avait d’ailleurs confié l’herbier du Frère Louis Arsène au même conservatoire.
« On connait l’importance des herbiers, anciens surtout. Ils permettent de connaître l’évolution de la flore dans le temps et l’espace », poursuit-il. « J’ai collecté principalement dans mon Morbihan natal mais aussi dans les départements voisins, jusqu’au Maine et Loire », du temps où j’étudiais à Angers.» II est également l’auteur d’un atlas floristique du Morbihan.
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Concernant la présence de certaines espèces rares et menacées dans son herbier, Gabriel Rivière anticipe les éventuelles critiques. « Les listes nationales ont été publiées en 1982 et celles concernant la Bretagne en 1987. Tout ce qui a été fait avant n’est donc pas concerné. Par la suite, il est possible que l’on trouve peut-être cinq, ou un peu plus de spécimens concernés. Mais ce n’est pas le prélèvement de quelques-uns qui les font disparaître », note-t-il, ce sont plutôt des causes plus larges. Il rappelle « la frénésie », à une autre époque d’emporter avec soi des plantes. Une revue botaniste donnait même les coins où l’on pouvait cueillir telle fougère remarquable, par exemple.
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L’herbier du Frère Gabriel Rivière est présenté dans un classement méticuleux, des dossiers regroupés dans des chemises, contenant des planches mentionnant des lieux, des dates, des noms de plantes. Ił est accompagné d’un fichier informatique précieux pour faciliter son exploitation. Ce qui lui fait dire, de nouveau avec un sourire malicieux : « On peut ainsi savoir où je me trouvais et à quelle date précise ». Comme un GPS avant l’heure…
David Cormier, journaliste au Télégramme







