Les réalités sont difficiles. 4 Frères sont hospitalisés, 2 Frères sont décédés dont un en lien avec l’épidémie. Tour d’horizon avec F. Justino de Santiago, à Madrid.

« Un grand bonjour affectueux de Madrid en ce 22 mars.

Il m’est bien difficile d’écrire quelques simples mots réconfortants qui puissent résumer ce que nous vivons en Espagne suite au Covid 19, et, en particulier, dans nos communautés et établissements.

Quelques données

Je rappelle brièvement quelques faits très durs : en ce moment, les cas de contagion en Espagne s’élèvent à 28 572, 10% d’entre eux sont sanitaires. Les morts sont au nombre de 1790 -aujourd’hui dimanche 22 mars, 394 personnes de plus qu’hier-. Madrid vit la pire situation avec 9 702 cas positifs et 1 021 morts -presque 60% des morts en Espagne, sont morts à Madrid-.

Hier samedi, le gouvernement a décidé de prolonger de 15 jours l’état d’alerte à cause de l’épidémie. On a commencé le 15 mars, après cette prolongation, nous irons jusqu’au mardi 14 avril (incluant le temps de la Semaine Sainte et les premiers jours de Pâques… laissant beaucoup d’Espagnols sans leur principale source de revenu (le tourisme) et sans un moment tant désiré de vacances pour les familles.

Nos communautés

Les communautés de Frères, vivent la même situation exceptionnelle que le reste des familles, éducateurs, élèves de nos établissements: confinés chez eux, sans pouvoir sortir sinon pour des motifs indispensables (pharmacie, quelques courses de premières nécessités…)

Jusqu’à hier samedi, nous n’avions que des cas légers de santé plus fragiles, plusieurs Frères avec de la fièvre étaient soignés au paracétamol). Toutes les consultations médicales habituelles ont été annulées…

Hier, (samedi, 21 mars) le Frère Rafael Alonso, Provincial, nous informait que les Frères Lucas Sáinz (98 ans), Javier García (77) et Dámaso Cereceda (79), qui étaient à l’Infirmerie de Berrio-Otxoa (Bilbao) ainsi que le F. Pablo García (90 ans), de la communauté de Berrio-Otxoa, Bilbao, avaient été transférés à l’hôpital de Santa Marina (faubourgs de Bilbao) avec des symptômes et des tests positifs au Covid 19.

Leur âge et leur santé délicate sont la plus grande source de préoccupation en ce moment. Nous pensons et espérons qu’ils pourront résister à cette infection sans conséquences majeures, c’est ce que nous demandons au Seigneur, tout en étant conscients de leur situation délicate.

Nous profitons de l’occasion pour remercier les frères et le personnel sanitaire pour l’affection et le dévouement qu’ils accordent dans les soins et l’accompagnement de nos aînés de l’Infirmerie.

Pour terminer ce message, le Frère Rafael Alonso nous communique la mort du frère Virgilio Guierrez, la nuit dernière, à l’infirmerie de Berrio-Otxoa. Il y a tout lieu de penser qu’il s’agit du coronavirus. Nous savons que pour le moment, il ne peut y avoir de funérailles, mais il sera enterré à Nanclares.

Nous ferons plus tard une célébration. Nous nous unissons à sa famille et à tous les frères et êtres chers en ces moments de tristesse et de désarroi. Rendons grâce à Dieu pour la vie qu’il a eue et demandons-lui, maintenant qu’il est près du Père, de veiller sur nous tous.

Malheureusement, à minuit hier, un autre frère de l’infirmerie est décédé. Il n’a pas été hospitalisé.
Cela nous a été écrit par Frère Rafa ce matin:
« Chers frères, frère Efrén Fernández est décédé ce soir … de manière sereine et silencieuse peu de temps après son entrée à l’hôpital de Santa Marina. Il semble que l’analyse des coronavirus ait donné un résultat négatif dans ce cas. Nous nous unissons dans la douleur de cette nouvelle perte ainsi que dans l’espérance et la foi. Nous prions pour sa famille et pour tous les Frères. « 
Des moments difficiles, pour maintenir la foi et la confiance dans le Père!

Nos établissements

La première décision forte en termes d’éducation c’est la communauté de Madrid qui l’a prise dans l’après-midi du lundi 9 mars. Cet après-midi-là, elle a décidé de fermer tous les établissements scolaires (crèches, primaires, secondaires, Bac et universités) de la communauté à partir du mercredi 11 mars.

Les Olympiades des enfants sont désertes.

Au Collège Menesiano de Madrid, dès le mardi, il fallait assumer cette situation, jamais connue jusqu’à ce jour, et prendre conscience que c’était une décision sérieuse, que la réalité était préoccupante (nous avons vu par la suite que cela était beaucoup plus fort que ce que l’on pensait alors). Ce jour-là, on a organisé avec les élèves tout ce qu’il fallait pour passer du chaos à un « ordre différent » et que chacun montre ses capacités d’organisation, ses responsabilités et ses compétences dans le Numérique que beaucoup ignorait posséder. Tous les élèves ont emporté chez eux le matériel de travail très important, les outils  comme les ipads pour travailler seul, ce qui était déjà établi dans le collège depuis des années !

Ana Virosta, directrice de Madrid, en lien avec les équipes…

Le mercredi, chaque éducateur a programmé la forme de travail « online » de tous les élèves, son suivi et son évaluation. L’idée de départ était de maintenir les habitudes… Dans la mesure du possible, maintenir le même horaire académique du Collège mais réalisé chez soi. La difficulté pour les familles était de pouvoir « télétravailler » et concilier le travail, l’accompagnement des enfants avec leurs propres horaires et les tâches de maison… Cela a supposé beaucoup de tension et de fatigue…

Au collège on a créé un « Comité de Crise » (formé de l’équipe de direction et des représentants des personnels) qui s’occupe du suivi des situations vécues par les élèves, les éducateurs, les familles… Depuis le jeudi 12 mars, toutes les réunions de l’équipe de direction, les coordinateurs, l’équipe des tuteurs, les réunions d’évaluation… se font à travers l’outil Google Meet.

Les réunions des tuteurs avec les familles, du suivi des élèves par les éducateurs, individuellement ou en groupes, se font à travers des classes virtuelles, suivant la Plateforme Online du Collège ou avec « Classroom ».

Tous les éducateurs, le personnel administratif et de service travaillent de chez eux. Au Collège ne travaillent que quelques personnes de maintenance pour pouvoir mieux réaliser quelques transformations.

Dans les autres autonomies

Le même mercredi 11 mars, la communauté de la Rioja a décidé de fermer tous les établissements scolaires. Le collège mennaisien de Santo Domingo de la Calzada s’est donc vu affecté par cette décision.

Pedro, enseignant de San Gregorio Aguilar avec les cours en ligne

Dans le Pays Basque, la décision de fermeture totale a commencé le vendredi 13 mars. Cela a affecté les établissements de San José de Nanclares de la Oca, Santa María de Portugalete et Berrio-Otxoa de Bilbao.

Tout le reste a été fermé, suite au Décret de l’Etat d’urgence, qui a débuté dans tout l’Etat espagnol à partir du samedi 14 mars.

Cela fait une semaine… il en reste trois autres ! Jusqu’à après les vacances de la semaine sainte !

Contacts en ligne avec la Famille Mennaisienne.

J’en profite pour remercier de tout cœur le travail de tous les éducateurs et personnes responsables des établissements, ainsi que les familles et les élèves, qui de chez eux, ne se désintéressent pas de leur formation. C’est fatigant, dur, mais nous sortirons renforcés. Courage !!

Je crois que le mieux ce sont les témoignages visuels… c’est pourquoi je vous partage quelques témoignages significatifs. »

F. Justino de Santiago

 

Une initiative bien accueillie :  vidéo des éducateurs du Collège Menesiano de Madrid  

https://twitter.com/MenesianoMadrid/status/1238558995478085634/video/1

Message Alfonso Blázquez, directeur de Santa María, de Portugalete :

   https://twitter.com/i/status/1240253950001057792

Message des éducateurs de Berrio-Otxoa, Bilbao :

   https://twitter.com/i/status/1241433215069491201